A chaque printemps, les magazines féminins vous parlent du fameux summer body

Dès le mois d’avril, c’est la chasse aux bourrelets.

Parlons-en justement, de ces petites poignées d’amour 🙂 : ces amas sont constitués de « graisse jaune ».

Ce type de graiss n’est pas vraiment nocive lorsqu’elle est logée sous la peau (sauf peut-être pour le tour de taille..).

Mais lorsque cette graisse jaune s’accumule à l’intérieur de l’abdomen, entre les organes, elle devient pro-inflammatoire et augmente les facteurs de risques de diverses maladies (diabète, hypertension, maladies coronariennes..).

Mais ce type de graisse là n’est pas le sujet du jour.

D’ailleurs pourquoi l’appelle-t-on “graisse jaune ” et pas “graisse” tout court ?

Parce qu’il en existe au moins une autre, appelée “graisse brune”. Et c’est de cette graisse là dont je vais vous parler aujourd’hui.

Késako la graisse brune ?

La graisse brune, ou tissu adipeux brun, est un type de graisse présent en assez grande quantité chez les bébés. Concentrée autour du cou, du cœur et dans le dos, elle leur permet de produire de la chaleur et d’éviter l’hypothermie.

Elle est aussi très développée chez les animaux qui hibernent. Ils activent leur graisse brune au début du printemps un peu comme un radiateur, pour se réchauffer.

Depuis 2009 diverses études cliniques ont établi que nous adultes avions aussi de la graisse brune, notamment autour du cou, des clavicules, et le long de la colonne vertébrale ainsi que contre nos glandes surrénales.

Contrairement à la graisse blanche qui peut servir de réserve (en cas de famine prolongée), la graisse brune est plutôt un brûleur de calories.

Les chercheurs ont découvert ce type de graisse grâce à l’analyse d’imageries médicales permettant de détecter les zones du corps qui consomment le plus d’énergie.

Ces analyses ont révélé que certaines parties du corps brûlaient naturellement beaucoup plus de calories que les autres : c’était la graisse brune en action !

50 g de graisse brune permettraient de brûler 300 calories par jour d’après les études menées par un Institut de recherche médicale australien.

Vous commencez à l’aimer cette graisse brune, avouez-le 🙂

Comment la graisse brune vous fait-elle du bien ?

Contrairement aux cellules de graisse blanche composées en grande partie d’une goutte de lipides, les cellules de graisse brune (appelées adipocytes bruns) contiennent une grande quantité de mitochondries.

Les mito quoi ?

Les mitochondries sont de petites usines de production d’énergie présentes dans la plupart de nos cellules.

Sauf que dans les adipocytes bruns, elles ont un mode de fonctionnement un peu particulier :  elles produisent uniquement de la chaleur (et en masse).

C’est ce qu’on appelle la thermogenèse.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut activer et augmenter l’activité de ces cellules de graisse brune

Si l’organisme est exposé au froid, l’activité des adipocytes bruns augmente.

Une étude publiée en 2014 dans la revue “Diabètes” a même révélé que dormir dans une chambre à 19°C pouvait augmenter la quantité de graisse brune de 30 à 40 %.

À l’inverse, dormir dans une chambre à 27°C diminuerait nos stocks de cette graisse bénéfique.

Je vois d’ici certaines personnes courant dans les cabines de cryothérapie de leur quartier pour activer leur thermogénèse et brûler des calories : les études montrent une efficacité très limitée de ce type d’exposition au froid car les séances sont trop courtes, espacées. Pour que l’exposition au froid fonctionne, il faudrait s’exposer tous les jours 1 à 2h.

Notre corps peut même « fabriquer » de la graisse brune !

Et il peut le faire à partir de la graisse jaune. Ce phénomène s’appelle le « browning », ou brunissage des graisses :-).

Pour qu’il se produise, il faut sécréter une hormone appelée l’irisine.

Découverte en 2012 par des chercheurs d’Harvard, cette hormone transforme la graisse blanche en graisse brune. Bluffant, n’est-ce pas ?

Et notre corps produit cette hormone sous l’effet de l’effort musculaire.

Activer sa graisse brune, la panacée pour perdre du poids ?

Il faut garder en tête qu’activer votre graisse brune n’est qu’un levier parmi d’autres dans l’amélioration de votre métabolisme. Et que chez de nombreuses personnes en surpoids, le tissu adipeux brun fonctionne mal.

C’est le constat posé par de nombreuses équipes de recherche en étude clinique avec l’utilisation de médicaments ou d’extraits de plantes sensées activer les adipocytes bruns, comme l’éphédrine, le mirabégron, ou l’aillicine : les résultats sont peu durables, parfois plus flagrants sur des personnes minces que sur les personnes en surpoids, et souvent contradictoires d’une étude à l’autre.

Parmi les autres facteurs influençant votre métabolisme on notera entre autres: l’état du système digestif et du microbiote, la qualité du sommeil, l’équilibre hormonal et thyroïdien, le niveau d’inflammation, l’intensité du stress et sa chronicité, l’équilibre du système nerveux autonome, ou encore le niveau d’activité des mitochondries dans d’autres cellules que les adipocytes.

Ce sont ces leviers qu’il faut analyser en priorité car ils sont à la base de votre fonctionnement métabolique, et leur impact dépasse largement celui du tissu adipeux brun.

Envie de mettre vraiment toutes les chances de votre côté pour re-sculpter votre corps de façon saine et durable ?